Un peu d'histoire

Doyenné de Bonnay
1000 - 1300
Saint patron : Hippolyte*

La puissance des moines dans le nord du Clunisois


L’obedentia (« obédience ») de Sancto Ypolito, qui se trouve à 15 km au nord de Cluny, est mentionnée dans les chartes clunisiennes dès le XIe s. Elle est constituée sur un très ancien lieu de culte, avec des terres que Cluny achète ou échange pour grande partie d’entre elles avec les seigneurs voisins d’Uxelles. Le très grand centre agricole qui est ainsi constitué compte finalement pas moins de sept moulins et s’étend sur trois paroisses ! Malgré une terre relativement pauvre, il fournit à l’abbaye de Cluny une production variée en bois, en vin et en céréales. Au-delà de sa vocation agricole, Saint-Hippolyte accueille également aux XIIe et XIIIe s. des règlements de conflits qui opposent les moines eux-mêmes aux familles seigneuriales voisines, comme celle des châtelains de Brancion-Uxelles. Mais ce doyenné est fortifié plus tardivement, au XIIIe s. Il est, avec celui de Mazille, parmi les six forteresses que l’abbaye possède dans un rayon de 20 km autour d’elle : il s’agit d’une pièce stratégique du dispositif domanial des moines dans le Nord-Clunisois.

Source : Clunypedia

* Plusieurs orthographes sont admises : Hyppolite, Hippolyte... cependant, 'Hippolyte' est privilégiée ici.
  « Avant d’être nom propre, le grec hippolutos est un adjectif qui signifie ' qui    détache les chevaux '. Ce sens fait particulièrement ressortir l’ironie cruelle de l’Hippolyte d’Euripide, puisque le héros meurt prisonnier des lanières qui entravaient ses chevaux et traîné par eux dans les rochers, et c’est bien parce que « celui qui détache les chevaux » ne les a justement pas détachés qu’il est mort. » (Académie Française)

 

Saint Louis, de Saint-Gengoux-le-Royal à Cluny

 

 L’année 2014 a marqué le 800ème anniversaire de la naissance du roi Louis IX que nous connaissons davantage sous le nom de Saint Louis

Notre région a un rapport particulier avec ce roi, venu à plusieurs reprises à Cluny.
Une rencontre, grandiose, émouvante et pittoresque eut lieu en novembre 1245 au col de la Croix Micaud (ou Croix Micot) :
A la suite du concile de Lyon, le pape Innocent IV se trouve à l’abbaye de Cluny et exprime le désir de rencontrer le roi qui réside alors à Saint-Gengoux-le-Royal. 
Une chronique de l’époque nous montre le pape accompagné de l’Abbé Guillaume venant à la rencontre du roi. Celui-ci est accompagné de sa mère Madame Blanche et de ses trois frères et escorté d’un grand nombre de chevaliers et d’hommes en armes. Une inscription au pied de la croix rappelle encore aujourd’hui cette fameuse rencontre.
L’église abbatiale dont la construction était achevée depuis 1130 était alors dans toute sa splendeur et on peut imaginer la fierté de l’Abbé Guillaume faisant découvrir au roi ce magnifique monument, dès les premiers lacets de la descente sur Cluny.
La chronique nous dit aussi que des paysans du Martray, village voisin, arrivaient au col dans le dessein de payer la dîme au château de Lourdon. Fort impressionnés, ils font cadeau au roi d’un petit agneau. En échange, le roi leur donne le droit d’affouage dans le bois voisin de la Frénille, droit qui subsiste encore aujourd’hui.
Cette histoire locale nous rapproche de ce roi qui marqua fortement le sentiment populaire de l’époque par sa piété, son sens de la fraternité et de la justice envers les plus pauvres...

Extraits du Bulletin de la paroisse Saint Augustin

 


Orthographe : Saint Hippolyte ou Saint Hyppolite ?

 

L’orthographe la plus correcte à notre sens, privilégiée ici, est Hippolyte, en tenant compte de l’étymologie grecque ancienne  Ἱππόλυτος / Hippóluto, qui signifie ‘qui délie les chevaux’ :
ἵππος / híppos,  le cheval (hippodrome, hippopotame, hippocampe, …)
λύειν / lúein,  délier (où le ‘u’ s’est transformé en ‘y’, racine que l’on retrouve aussi dans les mots analyse, dialyse, électrolyte…)

« Avant d’être nom propre, le grec hippolutos est un adjectif qui signifie « qui détache les chevaux ». Ce sens fait particulièrement ressortir l’ironie cruelle de l’Hippolyte d’Euripide, puisque le héros meurt prisonnier des lanières qui entravaient ses chevaux et traîné par eux dans les rochers, et c’est bien parce que « celui qui détache les chevaux » ne les a justement pas détachés qu’il est mort. » (Académie Française)

Mais, dans différents documents, y compris des documents officiels, historiques, cartographiques et sur des panneaux de signalisation, on trouve les orthographes Saint Hyppolite, voire Saint Hypolite … Et dans des textes anciens, on trouve Sancto Ypolito, villa S. Hippolyti

     Quant au préfixe ‘hypo‘, il a une tout autre signification : en grec, ὑπόhupo’ (à l’inverse de ὑπέρ  ‘hyper’), signifie «en-dessous, sous» . Les mots, formés de ce préfixe, prennent alors un sens caché ou expriment une idée de diminution. Par exemple un hypogée est un tombeau souterrain, un hypocrite est une personne qui manque de franchise.



La Villa Ste-Agnès, depuis 1854

 

Couvent dominicain créé le 5 mai 1854 par les trois soeurs Bonnardel ; Joséphine Gand, en religion mère Saint-Dominique de la Croix, y fonde alors la congrégation des Dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne, transférée ensuite à Etrépagny en 1870.
Le site est mis au service des enfants et des pauvres du village.
En 1889, il se dote d’un hospice pour hommes et femmes, structure qui existera jusqu’en 1950.
En plus de ses huit lits d’hospice, la maison ouvre un orphelinat pour fillettes dès 1917 et «l’ouvroir», école de broderie et de confection.
Les soins à domicile font également partie de ses activités et le couvent ouvre une troisième aile en 1929.
Faute de moyens, 1945 voit la suppression de l’orphelinat et 1946 l’ouverture d’une maison de convalescence pour dames et jeunes filles, avant d’évoluer vers l’accueil de personnes âgées.

 

 

Petite histoire du département de Saône-et-Loire

 

Avant de devenir un département, la Bourgogne du sud a traversé les siècles de la Préhistoire à la Révolution française.

Sans être encore un département,  la Saône-et-Loire avait déjà un rôle important en tant que carrefour entre le sud et le nord du Royaume de France. Elle rassemblait des zones géographiques très originales,  points de passage obligés entre le nord et le sud, qui bénéficiaient en outre de richesses naturelles. De ce fait, elles ont été peuplées très tôt mais aussi convoitées par les envahisseurs (déferlent successivement les Vandales en 204, les Huns en 451, les Burgondes et les Francs. Vers 730, les Sarrazins brûlent Mâcon et Chalon-sur-Saône. Puis les Normands en 852 et les Hongrois en 900).

Au Moyen Âge, de grands barons se partageaient le territoire, comme ceux de Brancion qui dominèrent pendant plusieurs siècles la majeure partie de la Saône-et-Loire, les comtes de Chalon-sur-Saône ou ceux du Charollais. L’art roman est bien représenté dans toute la Saône-et-Loire et notamment par les nombreuses églises romanes du Charolais et bien sûr, l’abbaye de Cluny qui, au Moyen Âge, étendait son ordre sur toute l’Europe.

Mais l’histoire du territoire est bien plus ancienne et plonge ses racines jusque dans la Préhistoire : Solutré, ainsi que la vallée de l’Arroux gardent traces des civilisations de l’âge de pierre. La mémoire du temps des Celtes, des Gaulois et de l’invasion romaine est particulièrement présente dans l’Autunois.

Au XIXe siècle, La Saône-et-Loire s’est construit une histoire industrielle forte et puissante enracinée sur les bords du canal du Centre avec des traditions ancrées dans la métallurgie, l'industrie minière, la céramique, la faïence.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Saône-et-Loire, coupée par la ligne de démarcation de 1940 à 1942, constitue une importante zone de résistance.

Du territoire au département

Le département a été créé officiellement par l’Assemblée constituante en 1790 (décrets des 26 février et 4 mars), à partir d'une partie de la province de Bourgogne. Les départements sont alors dotés d'un conseil départemental, nommé par l’administration. Sept districts partagent alors son territoire : Autun, Bourbon-Lancy, Chalon, Charolles, Louhans, Mâcon et Semur-en-Brionnais

Les grands traits de la physionomie actuelle du département sont déjà dessinés.
Élevage dans l’Autunois et le Charolais, vigne dans le Chalonnais et le Mâconnais, industrie des forges de Gueugnon et du Creusot, mines de Charbon à Blanzy et à Montceau-les-Mines.

En 1800, l’organisation est remaniée. Dans chaque département sont mis en place un préfet, un conseil de préfecture et un conseil général. Le préfet détient seul le pouvoir exécutif laissant au conseil général son rôle d’assemblée délibérante. C’est seulement en 1833 que cette dernière sera élue.

En 1852, le Conseil général est dissous à la suite du coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte. Les conseillers généraux sont alors intégralement remplacés par des candidats officiels du pouvoir.

En 1871, le département, de circonscription administrative de l’État, devient une collectivité territoriale par la loi du 10 août.

La loi de décentralisation du 2 mars 1982, transfère l’exercice du pouvoir départemental du préfet au Président du Conseil général. Cette loi reconnaît au Conseil général le plein exercice de ses attributions. Depuis cette date, le Département est administré par deux organes : l’assemblée départementale qui délibère et le président du Conseil général qui représente l’exécutif. Les compétences du Conseil général sont accrues et nouvelles pour la plupart. Elles touchent à la vie quotidienne des citoyens.

Hémicycle et présidents

L’installation du Conseil général dans les bâtiments actuels de la rue de Lingendes à Mâcon s’est faite par étapes à partir de 1857. Alphonse de Lamartine, sans doute le plus célèbre président (de 1836 à 1851 avec des interruptions) a siégé rue de Strasbourg (dans les locaux de la préfecture). Quant à Joseph-Eugène Schneider, il présidait le Conseil général rue de Lingendes, dans ce qui est devenu la salle Lucie-Aubrac. C’est Ferdinand Sarrien qui a inauguré l’hémicycle actuel, construit sur une parcelle de terrain, rachetée au couvent de la Visitation.